vendredi 11 mars 2022

Le podcast « Passe ton agreg ! » de Caroline Pigache

 

Entretien audio avec Caroline Pigache, à propos de son podcast « Passe ton agreg ! », réalisé le 15 février 2022. Elle nous présente la genèse de son projet, ses aspects techniques et ses évolutions.

Par Céline Delorge.

Pour rappel, les podcasts ont le vent en poupe depuis quelques années : il s’agit d’émissions radio disponibles sur internet et sur différentes plateformes d’écoute, souvent en format audio (plus léger en bande passante), qui peuvent être réécoutées et téléchargées sur différents supports numériques. La fluidité des podcasts, découpés en épisodes, pouvant être écoutés partout grâce aux smartphones, les transforme en phénomène culturel.

Caroline Pigache a été admise à l’agrégation d’histoire-géographie en 2021, après une année de préparation et de découverte d’un concours interne aux modalités différentes de l’agrégation externe : quatre questions à préparer pour les écrits, trois épreuves écrites, deux oraux portant sur des sujets en lien avec les programmes d’histoire-géographie en collège et lycée général et technologique.

Elle y décrit les différentes aspects de la préparation au concours, tant matérielle que psychologique, pour des collègues qui sont déjà en poste et qui doivent le plus souvent jongler entre cours, vie familiale et préparation
Elle a souhaité partager sa méthode, son travail d’organisation et de gestion des (fortes) émotions liées au concours (démotivation, stimulation intellectuelle, incertitudes, stress, etc.)
Ce projet a pris forme dès la rentrée 2021, sous la forme d’un podcast intitulé « Passe ton agreg ! », disponible sur différentes plateformes de podcasts et sur le site auquel il est adossé.
Il existe pour le moment 15 épisodes, comme autant d’étapes dans la préparation du concours, et il ont trouvé leur public : la voix bienveillante et dynamique de Caroline a guidé de nombreux candidats ces derniers mois pendant leur préparation, les écrits en janvier et la préparation des oraux actuellement.

Nous vous proposons cet entretien sous forme audio, évidemment !

 © Céline Delorge pour Historiens & Géographes et Caroline Pigache pour Passe ton agreg ! - Tous droits réservés. 24/02/2022.

jeudi 10 mars 2022

Adresse de l’APHG aux candidats à l’élection présidentielle


A l’heure où va bientôt avoir lieu la consultation électorale la plus importante de notre pays, l’APHG souhaite dire ses quatre vérités aux candidates et aux candidats qui se présenteront au suffrage de nos concitoyens.

1) L’Histoire n’est pas un roman – noir ou rose – y compris lorsqu’elle explore le passé de la France ou de l’Europe. C’est une discipline exigeante dont la pratique nécessite de ses producteurs comme des professeurs qui l’enseignent probité, nuance et maîtrise de la complexité. La Géographie ne saurait être réduite à un enseignement de problématiques économiques ou à la connaissance minimale d’une identité territoriale sans aucun lien avec la recherche universitaire la plus récente ni réflexion sur l’emboîtement complexe des échelles de référence (du local au global).

2) La recherche en Histoire et en Géographie doit rester libre car elle a ses propres règles qui excluent de facto les falsificateurs ou les négateurs du passé comme les nostalgiques des « frontières naturelles ». Le pouvoir politique n’a pas vocation à imposer une « histoire et une géographie officielles » ni à sanctionner ou à valider les résultats d’une recherche qui sera de toute façon toujours contestée ou « révisée » par le légitime jeu du débat académique.

3) L’Histoire – et la Géographie – ne sont pas des « boîtes à outils » ou des « carquois » à l’usage des affrontements politiques. Il est en effet très facile d’utiliser, dans les actuels débats pour la présidentielle, tels ou tels événements historiques comme autant de flèches tirées contre l’adversaire. Mais l’Histoire ne peut se réduire à un arsenal d’arguments ou de slogans pour politiques, « politistes » et « communicants » en mal de coups d’éclats et de triomphes faciles. D’où l’importance de permettre au peuple citoyen de déjouer ces mésusages de l’Histoire en renforçant son instruction et sa culture historique et géographique.

4) L’Histoire et la Géographie ne peuvent pas être l’apanage des seuls « esprits distingués » et des élites du savoir ou de l’argent. Ce sont en effet des matières citoyennes qui ont joué hier, depuis l’instauration du suffrage universel, un rôle essentiel dans la formation du citoyen français et qui doivent articuler, dès aujourd’hui, la souveraineté nationale et la concorde européenne accessible par une bonne connaissance du passé de notre continent. Il s’agit là d’une nécessité si nous voulons rester vraiment « souverains » en ce siècle où l’isolement, se veuille-t-il splendide, met en danger les nations

En conséquence, l’APHG demande aux candidats de s’engager sur :

1) Un renforcement de l’enseignement de l’Histoire et de la Géographie à tous les niveaux de l’enseignement et dans tous les types d’établissements du cycle Secondaire qu’ils soient généraux, technologiques ou professionnels. A l’inverse de ce qui a été mis en œuvre, un effort devra être particulièrement fait en direction des enfants qui suivent les parcours scolaires considérés – à tort – comme les moins « prestigieux », car ils seront citoyens comme les autres et leur voix pèsera autant que celle du bachelier de tel ou tel grand lycée de centre-ville.

2) Une réorientation des programmes de Géographie qui devront faire une plus grande place qu’aujourd’hui à l’Europe en l’abordant sous le double angle géopolitique et régional. Il s’agira à la fois de faire percevoir l’Europe dans son environnement mondial et dans son environnement régional, au sens géographique du terme qui est celui des Etats. Car la vraie prise de décision politique ne se fait pas au niveau des départements ou des régions. La géographie des Etats n’est plus du tout enseignée aujourd’hui, y compris celle de la France. Or, c’est par la conscience nationale que le futur citoyen doit s’ouvrir à de nouveaux horizons.

3) Une réorientation des programmes d’Histoire qui devront traiter une part plus importante des événements à l’échelle européenne : c’est déjà le cas avec l’étude du christianisme médiéval, de la Renaissance, des Lumières, de la Révolution française ou du mouvement libéral qui la suit. Il faudra amplifier cette tendance. Il faudra aussi, et surtout, ne pas jeter un voile pudique sur les divisions des peuples européens – et notamment sur les multiples guerres qu’ils ont eues entre eux – car elles sont incontournables dans l’histoire du continent et elles expliquent, en grande part, notre faiblesse géopolitique actuelle.

4) Une revalorisation du statut de professeur d’histoire-géographie, qui passe comme pour les collègues des autres disciplines, par une augmentation des salaires, tombés aujourd’hui scandaleusement bas par rapport à ceux qui existent ailleurs en Europe ; mais qui passe aussi, dans les concours de recrutement, par le renforcement de la part accordée à l’évaluation scientifique et disciplinaire du futur enseignant. On ne peut pas en effet demander à un professeur d’enseigner efficacement l’histoire et la géographie de la France et de l’Europe – et de les faire aimer – si sa connaissance personnelle de l’une et de l’autre est approximative, superficielle ou indigente.

Le Bureau national de l’APHG.

© Les services de la Rédaction d’Historiens & Géographes, 09/03/2022. Tous droits réservés.

 

jeudi 10 février 2022

Repérer les symptômes de stress ou de détresse chez les élèves

 

Peut-on pallier le manque de personnel médical et de psychologues de l'éducation nationale en demandant aux professeurs de repérer les symptomes de stress chez les élèves ? Apparemment oui. Le ministère, qui n'a rien fait en ce domaine, publie sans vergogne un nouveau guide de "repérage des symptomes de stress ou de détresse psychologique chez vos élèves". Evidemment que les enseignants doivent et sont attentifs au mal être des élèves et qu'ils les observent en ce sens. Mais cela ne peut pas pallier le manque de personnel qualifié. La preuve ? Il suffit de lire les symptomes qui doivent alarmer les enseignants : " La majoration des comportements de transgression, de désobéissance, d’opposition, de provocation...; les adolescents plus âgés.. peuvent répondre par un « je vais bien » laconique, de routine ou même par le silence lorsqu’ils sont bouleversés...; un visage triste, neutre (sans expression émotionnelle) ou tendu, crispé sont des signes que vous avez l’habitude de relever quand un élève ne va pas bien" etc. Avec ça vous êtes bien avancé...

 Le guide

mercredi 9 février 2022

Sujets des écrits de l'agrégation interne d'histoire-géographie 2022

 

En composition de géographie : « Habiter les territoires à risques en France ». La France tombe pour la deuxième année consécutive.

Les épreuves d'admissibilité de l’agrégation interne d'histoire et géographie se déroulent du 25 au 28 janvier. La session 2022 a donné lieu aux sujets suivants :

  • Composition d'histoire : Travailler en usine en Allemagne, en Angleterre et en France des années 1830 aux années 1930
  • Composition de géographie : Habiter les territoires à risques en France
  • Commentaire de documents, option géographie : Se déplacer en Asie du Sud-Est
  • Commentaire de documents, option histoire :
 

Option géographie

Commentaire de documents : Se déplacer en Asie du Sud-Est

Liste des documents :

 

vendredi 4 février 2022

Décès de l'historienne Arlette Jouanna

Arlette Jouanna lors d'un entretien filmé avec la Librairie Mollat lors de la 20ème édition des Rendez-vous de l'histoire (Blois, 2017 - Photo Librairie Mollat

La spécialiste du XVIe siècle est décédée à l’âge de 85 ans, le 29 janvier à Toulouse. L'enseignante émérite à l’université Paul-Valéry-Montpellier est l'auteure d'une trentaine d'ouvrages et biographies.

Par Dahlia Girgis ,
Créé le 03.02.2022 à 11h48 ,
Mis à jour le 03.02.2022 à 14h32

L'historienne spécialiste du XVIe siècle Arlette Jouanna est décédée à l’âge de 85 ans, le 29 janvier à Toulouse. Professeure émérite d'Histoire moderne à l’université Paul-Valéry-Montpellier et auteure d'une trentaine de livres, elle s'est particulièrement intéressée à l'histoire de la noblesse et du protestantisme. Ce dernier thème est notamment abordé dans La Saint-Barthélemy : les mystères d'un crime d'Etat : 24 août 1572, son ouvrage le plus récent, paru en 2017 chez Gallimard.

Née en 1936, Arlette Jouanna réalise des études à l'École normale supérieure de Sèvres avant d'être reçue à l'agrégation d'histoire et géographie en 1960. Elle poursuit ses études d'Histoire à l'université Paris-Sorbonne et soutient en 1975 sa thèse d'État : "L'idée de race en France au XVIe siècle et au début du XVIIe siècle".

Des ouvrages récompensés

En 2013, elle écrit Le pouvoir absolu. Naissance de l’imaginaire politique de la royauté (Gallimard), récompensé par le Grand prix d'Histoire Chateaubriand. L'étude est consacrée aux fondements théologiques, juridiques, philosophiques et idéologiques du pouvoir absolu.

L'auteure est également lauréate en 2018 d'une mention spéciale du jury du prix Montaigne et finaliste dans la catégorie essai du Femina 2017 pour sa biographie Montaigne (Gallimard). L'historienne met en relation les multiples facettes de la personnalité de Montaigne et le terroir dans lequel elles prennent racines.

Dans Discours de la servitude volontaire de Etienne de La Boétie, à paraître le 4 mars chez Klincksieck, elle réalise la préface, en compagnie d'André Pessel et Francine Markovits.

 Vous trouverez la plupart des ouvrages d'Arlette Jouanna à la BU de Lorient

mercredi 19 janvier 2022

2022 : l’année de la géographie en France

La Société de géographie et le CNFG (Comité national français de géographie) coordonnent l’année de la géographie en France, du bicentenaire de la Société de géographie (décembre 2021) au Festival international de géographie à Saint-Dié-des-Vosges (octobre 2022).

Décembre 2021 : bicentenaire de la Société de géographie

La Société de géographie de Paris est la plus ancienne du monde, et elle a inspiré de nombreux homologues. Un événement a été organisé à l’occasion de son bicentenaire en décembre 2021.

1er avril 2022 : la nuit de la géographie

La nuit de la géographie est un événement européen qui se tient chaque année le premier vendredi d’avril. En France, il est organisé par le CNFG (Comité national français de géographie) et relayé localement par des initiatives spontanées d’acteurs universitaires ou associatifs (les cafés géographiques, la Géothèque à Lyon…). Les programmes seront connus ultérieurement mais vous pouvez déjà contacter les bénévoles qui organisent l’événement localement pour contribuer. Voir tous les événements organisés à l’occasion de la nuit de la géographie 2019.

Juillet 2022 : Olympiades de géographie et congrès de l’UGI

L’Union Géographique internationale fêtera en juillet son bicentenaire et un congrès exceptionnel se tiendra à cette occasion à Paris.

Pour les Olympiades, destinées aux élèves de première, voir cette brève : Les inscriptions aux Olympiades de la géographie 2022 sont ouvertes. Tous les renseignements sont sur le site du CNFG. Attention, les inscriptions seront closes le 5 février 2022.

30 septembre, 1er et 2 octobre 2022 : FIG à Saint-Dié

Voir cette brève de Géoconfluences pour relier le programme du festival aux programmes scolaires et aux ressources de Géoconfluences : Festival international de géographie (FIG) à Saint-Dié-des-Vosges, édition 2022 : le Portugal / les déserts


 

Daniel Noin (1930-2021), un géographe de la population et un spécialiste du Maroc s’éteint

Le nom de Daniel Noin restera attaché aux manuels qu’il a signés et qui ont formé des générations d’étudiants en géographie et de candidats aux concours de l’enseignement, notamment La Population de la France et le Nouvel espace français.

Les ouvrages de Daniel Noin étaient très clairs et illustrés d’une abondante cartographie. Le nouvel espace français a été réédité cinq fois. La population de la France, cosigné avec Yvan Chauviré, chez Armand Colin également, a connu 7 rééditions depuis la première en 1987. Témoignant d’une diffusion dépassant les seuls étudiants en géographie, la première édition a fait l’objet d’une recension dans le quotidien Le Monde.

 



 

Daniel Noin a présidé le jury de l’agrégation de géographie de 1993 à 1995. C’était aussi un spécialiste du Maroc auquel il a consacré sa thèse et où il a enseigné plusieurs années. La liste des thèses qu’il a dirigées, et celle de ses contributions à l’Encyclopædia Universalis, en témoignent.