lundi 24 octobre 2016

Le destin scolaire des enfants d’immigrés : culture d’origine ou origine sociale ?


Comment expliquer l’écart de réussite scolaire entre enfants d’immigrés et enfants de natifs, et entre enfants d’immigrés de différentes origines ? Alors que certains soulignent le rôle d’une improbable « culture d’origine », Mathieu Ichou montre que ces différences sont avant tout la conséquence de l’origine sociale, en lien avec la position sociale que les parents occupent à la fois dans le pays d’immigration et dans le pays d’origine.

 Malgré les nombreuses nuances apportées par les sociologues, le thème de l’échec scolaire des enfants d’immigrés est un refrain habituel des discours politiques et médiatiques, souvent associé à la dénonciation des carences présumées des familles immigrées et de leur absence de « volonté d’intégration ». On se souvient, par exemple, d’un récent ministre de l’Intérieur qui, s’appuyant sur des chiffres imaginaires, expliquait en mai 2011 que « les deux tiers des échecs scolaires, c’est l’échec d’enfants d’immigrés ». Cette association entre immigration et échec scolaire n’est qu’une des multiples facettes de la vision dominante de l’immigration comme un problème social. Or, voir l’immigration comme phénomène qui « n’existe, à la limite, que par les problèmes qu’il pose à la société » (Sayad 1991, p. 14) et, en particulier, réduire la scolarité des enfants d’immigrés à leur échec scolaire supposé est, au mieux, partiel, au pire, fallacieux.

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